Appel pour un référendum sur la réforme des retraites
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Exigences populaires, par Clémentine Autain

Publié le samedi 13 novembre 2010

Au début, peu aurait parié un kopeck sur une tournure favorable des événements. Lancée avant l’été, la mobilisation contre le projet du gouvernement sur les retraites était lancée disons pour la forme, pour la dignité, car il n’était pas question d’avaler un telle couleuvre sociale sans broncher. Et voilà qu’une masse critique de collectifs et d’individus a décidé de s’en mêler… La résignation ne l’a pas emporté. Le passage en force dont use et abuse le gouvernement n’a pas fonctionné. Le rythme étalé des initiatives, marqueur d’un manque de confiance dans la capacité à mobiliser massivement et durablement et révélateur de la pression économique qui entame les possibilités de la grève, n’a pas douché la révolte profonde. Les grèves et manifestations prévues le 12 octobre s’annoncent déterminées, dans le public et dans le privé. A la RATP, chez les cheminots, dans les secteurs de l’énergie, de la chimie, etc., on a d’ores et déjà annoncé le désir d’une grève reconductible. Doucement mais sûrement, le mouvement s’ancre, se déploie, se radicalise.

Et pour cause… Toucher ainsi à la retraite affecte tout le monde. Certains plus que d’autres, évidemment, mais cela touche globalement à nos acquis sociaux, à notre rapport à l’avenir, à la solidarité, à une certaine conception du progrès humain. Le climat général de reculs en chaîne, de restrictions budgétaires, d’arrogance des puissants, d’effets de "la crise", etc., a tissé une toile de fond propice. Le mouvement enclenché signe l’exaspération croissante.

Nous avons déjà gagné une bataille, et non des moindres : celle des idées. Cette contre-réforme n’est pas inéluctable. Nous devons conserver l’âge de départ en vigueur - 60 et 65 ans. L’assurance de pensions décentes pour toutes et tous est une exigence fondamentale. Si le gouvernement avait l’honnêteté de faire un référendum, comme l’ont demandé des personnalités de l’autre gauche dans une pétition parue dans Politis ou des députés des groupes PS et PCF/PG à l’Assemblée nationale, il y a fort à parier que nous le gagnerions. Car son projet est impopulaire, contraire aux intérêts du plus grand nombre. Un référendum serait l’occasion d’un grand débat de fond, mettant en scène les alternatives, comme nous l’avions fait au moment du TCE. On comprend pourquoi Sarkozy n’en veut pas, mais c’est pas une raison pour ne pas faire valoir le bien-fondé d’une consultation populaire.

Arracher le retrait du projet serait une belle victoire. Déterminante pour la séquence politique qui s’ouvre en vue de 2012 mais non suffisante. S’opposer à un grave recul social, c’est bien. Construire un projet et une stratégie de transformation sociale, c’est mieux. Gageons que le premier est un point d’appui pour le second. Et que la responsabilité politique de bâtir une perspective, et non de persévérer dans son être, n’échappera pas à l’ensemble des organisations politiques qui se réclament de l’alternative.

Clémentine Autain

8 octobre 2010

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