Appel pour un référendum sur la réforme des retraites
Pour que le peuple décide !

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Plusieurs réflexions à propos des échanges actuels sur le référendum, par Pierre Zarka

Publié le samedi 13 novembre 2010

L’opposition que je ressens entre mouvement social et référendum me pose question. J’y retrouve personnellement la dissociation social/politique. Certains syndicalistes la pousse le plus loin en revendiquant au nom du syndicalisme la seule expression possible du social. Ah ? A quoi sert alors la politique ? Simplement à élire celles et ceux aux quels il faudra obéir ensuite ? Mais toute la question n’est-elle pas que le social devienne le politique ? Avec une multiplicité d’approches : politiques, syndicales, associatives et culturelles. Le Front populaire, c’était quoi ? un mouvement social ? une dynamique politique ? Quel est l’exemple historique qui nous ferait toucher du doigt qu’une victoire sociale pourrait être possible sans investir le politique ? L’idée que « les politiques ne doivent intervenir qu’en appui » est délégataire : cela dit que ces « politiques » sont extérieurs aux exploités et que réciproquement la politique se décide sans eux. Il n’y a pas de questions « sociales », il n’y a que des questions politiques. Il n’y a pas tantôt des travailleurs qui luttent et tantôt des citoyens. C’est une vision aliénante et quasi schizophrène de l’individu. Les acquis du XX° siècle l’ont été lors d’interruption de la normalité de la vie institutionnelle et lorsque le social et le politique ne faisaient plus qu’un. La CGT n’a-t-elle pas participé à la Résistance et à la Libération ? Et le peuple peut prendre la parole sans intermédiaire. Je pense même que c’est fondamentalement à cela que devraient servir les organisations. Et cela nous concerne au premier chef. La revendication d’un référendum serait, pour l’instant, la seule - disons la première – manifestation collective qu’avec les retraites, il ne s’agit pas d’une « question sociale » ou « revendicative » mais d’une question de société, donc politique. Et si c’est bien le cas, et si l’enjeu est aussi de taille pour le capital, alors il faut peut-être s’interroger si « en rester » aux grèves et manifestations absolument indispensables, suffit.

Ce qui compte, c’est ce qui se passe. Le politique, c’est quoi ? Changer de gouvernement ? Cela en fait incontestablement partie, mais si c’est là la seule définition, je crains que cela tourne court. Je pense que c’est d’abord multiplier les initiatives de prise de parole, initiatives qui contraignent à accepter comme un fait incontournable cette prise de parole. C’est ce qui s’est passé en 2005. Personne n’a la naïveté de croire qu’ensuite les forces du capital s’inclineraient devant un verdict populaire. Si cela était, quel besoin de parler de révolution ? Seulement si nous ne voulons pas que celle-ci se réduise à une incantation, l’expérience concrète que représente de réclamer de pouvoir imposer ses choix est fondamentale. Pour l’instant qui ne connaît pas de manifestants qui disent en rentrant chez eux que leur retraite est foutue ? La manifestation, la grève, la grève générale sont des moments de mobilisation, l’exigence d’un référendum comme volonté d’imposer un évènement institutionnel aussi. Où est-il écrit que pour obtenir un référendum, il faut rentrer chez soi ? Au contraire, une campagne référendaire nourrirait idéologiquement les grèves et les manifestations. Je crains que nous ne portions pas suffisamment concrètement cette exigence de prise de parole. Or, la « prise » de parole, avec la volonté de pouvoir qu’elle suppose, est le départ de toute formation de nouveau collectif. La force des assemblées générales est là. J’ajoute qu’en général la temporalité des mouvements et la temporalité institutionnelle ne coïncident pas et que cela se fait toujours au détriment des mouvements. Sauf en 36, 45…et lors du référendum de 2005 où le social s’est fait force institutionnelle. Et c’est de ne pas avoir su comment poursuivre qui a fait perdre les acquis du référendum, pas le fait référendaire. Le référendum suffirait-il à tout régler ? Il serait étrange que le capital renonce aussi facilement mais il serait encore plus étrange qu’un exercice de la démocratie soit défavorable au mouvement social.

Pierre Zarka

2 octobre 2010

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