Appel pour un référendum sur la réforme des retraites
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Un référendum pour les retraites, par Patrick Le Hyaric

Le 7 juin dans l’Humanité Dimanche

Publié le samedi 13 novembre 2010

Les peuples n’ont pas à payer une crise dont seuls sont responsables des dirigeants politiques qui ont donné les pleins pouvoirs aux forces de l’argent. C’est cette conscience qui semble monter de partout en Europe.

De puissants mouvements de protestation et d’exigence de justice sociale, fiscale, écologique, s’expriment en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Roumanie, en Allemagne, en Italie comme en France où la journée d’action intersyndicale jeudi dernier, a compté. Les grands médias, propriété des grands capitalistes, fauteurs de crise, et sous influence directe des pouvoirs qui les servent, cachent ces mobilisations unitaires et développent une propagande pour décourager les citoyens et les travailleurs d’agir. La campagne pour faire accepter la contre-réforme des retraites dans notre pays est ainsi l’objet de véritables manipulations, de tentatives de division des salariés entre eux, de prévisions aléatoires destinées à empêcher la mobilisation en utilisant les ressorts de la peur et de la culpabilité.

Pour imposer la cure d’austérité des arguments, en apparence de bon sens, sont employés pour faire accepter de prétendues évidences. Le ministre du budget vient ainsi de justifier la purge sociale par la nécessité subite pour la France de conserver auprès d’agences de notations privées, sa note dite de triple A « AAA ». « Cet objectif conditionne en effet pour partie les politiques d’économie que l’on souhaite avoir » a-t-il déclaré. Cette infernale mécanique ne vise qu’à pressurer sans cesse le travail. En effet, si ces fameuses agences, liées au secteur bancaire, dégradent, au nom d’on ne sait quoi, la note de la France, les taux d’intérêt que paie le pays aux banques, augmenteront. Donc le budget de la Nation alimentera encore plus ces derniers, via l’insupportable intérêt de la dette. C’est ce qui a été imposé à la Grèce, au Portugal et maintenant à l’Espagne. Dit autrement, le gel des salaires, le recul de l’âge ouvrant droit à la retraite, l’augmentation des cotisations sociales et des impôts pour les plus modestes, la réduction des emplois publics et des services publics, ne servent qu’à répondre à l’appétit de profits des banques et des marchés financiers.

L’unité des peuples européens pour combattre et battre ces choix est donc indispensable. Les politiques d’austérité imposées en Europe n’ont rien à voir ni avec l’intérêt général, ni avec le renforcement d’un projet européen, ni même la sortie de la crise. Leurs seules motivations sont le service aux marchés financiers.

Au contraire, parce qu’elles ont déjà été à son origine, ces politiques aggraveront considérablement la crise, plongeront les populations, les salariés et les retraités dans un appauvrissement généralisé. Il ne faut donc pas laisser faire au moment où la France a laissé entendre, dans une note aux autorités de Bruxelles, qu’elle pourrait augmenter les impôts ou les cotisations sociales, où le pouvoir de droite réduit encore l’emploi public, les dotations aux collectivités territoriales et veut faire reculer l’âge de départ à la retraite par un coup de force.

Le pouvoir mène une campagne de propagande digne d’un autre temps en faisant peur, en lançant des prévisions pour dans un demi-siècle, comme si quelqu’un avait été capable de prévoir l’état actuel de notre pays et du monde, il y’a 40 ans ! De même, on cache en permanence le fait que les déficits et les dettes sont le résultat des centaines de milliards de cadeaux fiscaux et sociaux faits depuis plusieurs décennies aux grands détenteurs de capitaux au nom de cette sacro-sainte « compétitivité » qui n’est qu’un autre nom pour mieux accentuer l’exploitation des travailleurs de toutes catégories dans le monde entier.

Et puis répéter, comme le font les promoteurs de cette régression sociale qu’il faut reculer l’âge de la retraite parce qu’on vit plus longtemps n’a pas grand sens quand nous sommes de moins en moins nombreux à avoir le droit de travailler, jeunes ou anciens. Cela signifie-t-il que les promoteurs de cette contre-réforme souhaitent que les gens meurent plus tôt, comme au temps où les gens travaillaient 48 heures par semaine, prenaient leur retraite à 75 ans et que les enfants étaient exploités dès l’âge de 14 ans.

Les retraites sont un enjeu fondamental de société. Il ne peut être dissocié du niveau des salaires, du travail et du plein emploi, des moyens de produire les richesses et de leur répartition nouvelle, de la participation des revenus financiers et des grandes sociétés au financement des caisses de retraites. Le débat et la mobilisation autour de ces enjeux doivent donc s’amplifier. Les citoyens doivent pouvoir accéder à tous les points de vue, à toutes les informations. De grands débats publics doivent être organisés. Le Président de la République avait lui-même affirmé à plusieurs reprises qu’il ne toucherait pas à la retraite à 60 ans. Tout ceci renforce notre proposition de ce grand débat public et l’organisation d’un référendum sur le droit à la retraite à 60 ans.

Patrick Le Hyaric, dans l’Humanité Dimanche.

7 juin 2010

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